(Le Soleil-MC) - Près de 100 jours après son élection à la mairie de Québec, le 2 décembre 2007, Régis Labeaume a le profond sentiment qu’il n’aurait pas pu en faire plus.
Épié dans ses moindres gestes depuis qu’il a pris les commandes de la Ville, l’ancien président de la Fondation de l’entrepreneurship avait déjà tissé son réseau d’influences dans le milieu d’affaires de Québec, mais il s’avérait peu connu de la majorité des gens qui l’avaient pourtant choisi pour succéder à la mairesse Andrée Boucher.
Ceux-ci ont vite appris à le découvrir. Pas un jour sans que sa photo n’apparaisse dans un article de journal ou son visage dans un bulletin d’informations à la télévision.
En tout juste deux semaines, rappelle-t-il dans une entrevue éditoriale accordée mardi, il a fait adopter le budget de la Ville à l’unanimité des membres du conseil municipal. Puis, pendant que tout le monde pensait qu’il allait se la couler douce autour du sapin de Noël, il a lancé une bombe sur sa ville en procédant à une restructuration majeure de la direction de la Société des Fêtes du 400e. «Pensez juste que le pavoisement n’était pas prêt», dit-il aux journalistes du Soleil. «Le pavoisement, c’est une figure imposée. Pensez juste à ça et imaginez-vous le reste.»
«Le problème, c’est que tu n’as pas toutes les preuves. Ça sent la merde et tu te dis que ça sent mauvais. Dans le journal, tu lis que le maire doit réussir le budget, réussir les négociations et réussir le 400e. Alors, tu passes à l’action. J’ai vu que si je ne le faisais pas, personne ne le ferait.»
«Ensuite, on a eu la relance des négociations avec les employés de la Ville et le lancement des 24 chantiers. On est rendu à aujourd’hui et c’est ça que ça donne.»
À travers ces gestes d’éclat, le maire Labeaume rappelle qu’il a dû aussi apprendre le métier. «Tout le monde veut te voir, tout le monde plaide les chantiers d’urgence. Tout le monde t’invite parce que tu es le nouveau maire. C’est un peu normal.
«Durant la campagne, on m’avait dit qu’il fallait être présent. J’ai été présent partout. Ça fait beaucoup de choses.
«En trois mois, conclut-il, je ne pouvais faire plus.»
Dans ces premiers 100 jours de gouvernance municipale, le maire Labeaume croit aussi avoir suivi son plan de match à 90 %.
«À l’exception de ce qui s’est passé au 400e, la seule chose que j’ai fait différemment, c’est la réorganisation de la Ville, dans ce que j’appelle les 24 chantiers. Durant la campagne électorale, j’avais dit que je confierais cela à une firme privée. Mais pour cela, il faut aller en soumission et prendre le plus bas soumissionnaire. Tu ne sais pas sur qui tu vas tomber.»
Il a préféré confier le mandat à son directeur général, Alain Marcoux, et à «trois champions», Marie-Claude Paré, de Loto-Québec, Pierre Genest, président du conseil d’administration de la SSQ, et Florent Gagné, un ancien directeur général de la Sûreté du Québec et ex-sous-ministre de M. Marcoux, du temps que celui-ci occupait un fauteuil ministériel dans un gouvernement du Parti québécois.
«Avec lui, c’est pas compliqué, a expliqué au Soleil le maire Labeaume, à propos de M. Gagné. On veut aplatir la structure à la police et aux pompiers.» La commande ne peut pas être plus claire.
Pour ce qui est de M. Genest, le maire ne s’inquiète pas du fait que l’une des composantes de la SSQ pilote actuellement un important projet domiciliaire sur les terres des Sœurs du Bon-Pasteur, à côté du Jeffery Hale, un investissement de 200 millions $ qui nécessitera des amendements au règlement de zonage de la Ville.
«Ça ne changera en rien le projet de la Cité verte», assure le maire Labeaume. Et comme «les gens avec qui je veux faire affaire sont les champions de Québec, ils sont généralement tous riches et n’ont rien à attendre. Ce sont des gens qui aiment Québec».
Or, poursuit-il, «en affaires, tout le monde a besoin d’un permis de la Ville, un jour ou l’autre. Si tu choisis quelqu’un qui n’a jamais fait affaire avec la Ville, tu ne choisis personne. Sinon, avec qui on va faire affaire?»
«Jacques Tanguay a affaire avec la Ville. (Peter) Simons a affaire avec la Ville. Ils ont tous affaire avec la Ville.
«Quand on disait, durant la campagne électorale, qu’on veut créer un groupe de mécènes pour la culture, si j’évite tous ceux qui ont de l’argent, je peux-tu te dire qu’on n’aura pas une maudite cenne sur la table.»
M. Labeaume répète à qui veut l’entendre qu’il avait annoncé ses couleurs durant la longue campagne électorale qui l’a porté au siège de maire.
Le tramway, la piste cyclable, l’école de divertissement interactif, ses groupes de champions, il jure en avoir parlé dans la course à la mairie. «Pendant les campagnes électorales, les gens n’écoutent pas parce qu’ils ne croient plus aux promesses électorales et aux engagements. Moi, je regrette. Je fais exactement ce que j’ai dit.»
Publié par : Marcel Charland
à 08:53:08
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